25 Feb 2014

Dossier: Sexualité en Algérie

Article publié sur Algerie-Focus.com , suite du billet "Dieu, le sexe et la garantita"

Deux semaines que nous nous penchons sur la sexualité des Algériens, deux semaines que nous essayons d’élucider le mystère de l’entrejambe algérienne, si difficile à percer.



Mille questions existentielles se sont posées. Qui est cette sexualité ? Ou habite-t-elle ? Sort-elle le soir ou la journée? Nous avons campé dans les rues, guetté ses allées et venues. Souvent cachée sous un voile, entre deux mains, ou dans un SMS, elle était très difficile à intercepter.
À défaut d’avoir un Kama Sutra Algérien, nous avons les Mille et Une Nuits, recueil de récits érotiques. Cependant, nous défions  quiconque de le lire et d’y trouver une réponse à ses questions pratiques sur le sexe. Comment se fait alors l’initiation aux plaisirs charnels des 37 millions d’Algériens?
Comment se passe la première fois ? Comment les Algériens pimentent leur vie de couple? Comment surmontent-ils leurs problèmes sexuels? Est ce que les Algériens font preuve d’imagination au lit ?
Nous avons essayé de répondre à toutes ces questions.


Dossier: Les premières fois des Algériens


La première fois. Ce moment a compté pour tous. Que ce soit lors de la nuit de noces, avant ou après, arrivé au jour de leur premier rapport sexuel, les hommes et femmes, quelque soit leur âge, ne savent souvent pas à quoi s’attendre. Ils imaginent le meilleur et parfois le pire. Témoignages.




“C’était avec mon premier amour, que j’aime jusqu’à présent. J’avais 15 ans et demi et lui 23, c’était chez lui et nous n’étions pas protégés », raconte Yasmine, 20 ans. Comme Yasmine beaucoup de personnes attendent en effet de trouver la “bonne” personne, quelqu’un de spécial avec qui partager ce moment unique, plutôt qu’un moment précis, ou un âge. D’autres préfèrent se préserver à l’image de Meriem, 21 ans, qui nous explique que par conviction religieuse elle souhaite rester vierge jusqu’au mariage. Elle ajoute cependant que la sévérité du jugement de la société algérienne la décourage d’autant plus à franchir cet interdit, que sa religion.
Du côté des hommes, tous ceux que nous avons interrogés n’ont pas attendu le mariage. Mehdi 29 ans nous livre ce témoignage très étonnant: ” Ma première fois c’était à 14 ans avec ma voisine qui avait 16 ans. Nous étions juste amis. Nous nous étions donné rendez-vous dans la cage d’escalier de l’immeuble pendant l’heure de la sieste en été, nous n’étions pas protégés. C’était pendant la période de terrorisme, les filles et les garçons avaient beaucoup moins peur de braver l’interdit car ils se disaient qu’ils pouvaient mourir à n’importe quel moment.”
Samy 25 ans a vécu sa première fois au même âge que Mehdi, avec son premier amour qui avait, elle, 18 ans. Il décrit ce moment comme le plus beau jour de sa jeunesse. Amine 18 ans, a connu en revanche une expérience plus classique, à 17 ans avec son amie du même âge.
Difficile de généraliser même si la tendance semble être à l’abstinence chez les filles et à l’expérience chez les garçons, bien que l’islam prescrive la chasteté jusqu’au mariage chez les filles comme chez les garçons. L’interdit est désormais franchi, en raison surtout d’un âge du mariage de plus en plus élevé. Or la pression reste toujours forte sur les filles, pour qui il est reste moins tolérable d’avoir des relations sexuelles hors mariage, que pour un homme. Cela est devenu un secret de polichinelle, les Algériens font, mais peu en parlent avant.

En attendant “la première fois” 
Ainsi avant de franchir le pas, les Algériens par manque de connaissance, construisent tout un imaginaire autour de cette fameuse première fois. Sacralisée par certains, anodine pour d’autres, la perception de la première fois varie selon le sexe ou l’âge des personnes.
Deux Algériennes interrogées nous racontent qu’elles imaginent leur première fois très douloureuse et la perçoivent comme un sacrifice et une preuve d’amour envers leurs maris à qui elles s’offriront dans la tradition, pendant leur nuit de noce. Néanmoins, beaucoup d’autres filles préfèrent aujourd’hui prendre leur temps, attendre au moins jusqu’à la lune de miel. La sexualité est tellement rêvée, et sublimée, ou parfois effrayante que cela peut créer des appréhensions et des blocages mental et physique. La psychiatre et psychothérapeute, Dr.Amel Ben Dhaou, évoque même l’existence, récurrente, de “mariages non-consommés.” Des couples attendent plusieurs jours voire plusieurs années, avant d’avoir une sexualité pour des raisons psychiques qui impactent sur le physique.
En l’absence de statistiques nationales, le docteur affirme que ce problème touche quand même beaucoup de ses patients. Des couples, dit-elle, “peuvent rester jusqu’à 7 ans sans consommer leur mariage.” Le Dr. Ben Dhaou n’est pas la seule à souligner l’ampleur de ce phénomène. Dr.Youcef, Urologue Sexologue à Oran constate que le mariage non-consommé constitue l’une des principales raisons pour lesquelles les couples viennent consulter. Les causes sont diverses, mais certains couples résistent malgré cet handicap qu’ils déguisent en problème de fertilité devant leurs proches et leur famille. D’après Dr. Ben Dhaou, le mariage non-consommé créé souvent des très forts liens de complicité chez les couples, qui se retrouvent unis par le secret.
Concernant les célibataires, impatients d’attendre cette première fois, ils s’adonnent à d’autres pratiques. En attendant leur première fois, beaucoup d’Algériens ont recours à la masturbation, ou pour certains la sodomie, qui leur assure de conserver la virginité en ne touchant pas au précieux hymen de la femme.
D’après les témoignages récoltés la masturbation est devenue une habitude et même elle se pratique souvent en groupe chez les garçons. Arrivés à l’âge de la puberté, les jeunes hommes s’adonnent à cet acte jusque dans les recoins de leur quartier, et sous leur table dans leurs cours de classe.
Quant à la sodomie, elle est fréquemment la solution pour qu’une fille puisse  entretenir une vie sexuelle sans pour autant perdre sa virginité. Meriem, interrogée plus haut,  s’indigne à propos l’importance accordée par les Algériens à la virginité : “les couples vont très loin ensemble mais dès qu’il s’agit de “pénétration” ça devient tout de suite tabou, hram, honte etc.”

Quand le hram n’empêche pas mais met en danger…
Outre cette sexualité à deux vitesses, bricolée ou imaginée, on note justement que parmi toutes les personnes interrogées, aucune n’a raconté s’être protégé lors de sa  leur première fois. Preuve que l’éducation sexuelle des Algériens est encore fragile. Faire n’est pas savoir. Ils sont de plus en plus informés sur les pratiques sexuelles par le vecteur des médias internet ou de l’industrie de la pornographie. En revanche, ils comprennent encore très mal les risques d’une sexualité non protégée.
Les notions de contraception et des maladies sexuellement transmissibles semblent encore leur échapper. Un constat relevé par de nombreuses associations qui tentent de sensibiliser les jeunes Algériens à ces risques de maladie. Chez AIDS Algérie, on déplore le fait que de nombreuses personnes à la sexualité active ne savent toujours pas comment se transmet le virus du sida. Difficile d’être sensibilisé, lorsque ce sujet n’est évoqué qu’entre amis de manière futile et que le programme scolaire ne prévoit pas d’informer les jeunes algériens sur les risques encourus.
La sexualité est devenue le quotidien des Algériens, qu’on veuille le voir ou pas. Une jeunesse curieuse qui souhaite découvrir ses envies tout en étant tiraillée par des principes religieux et la pression de la société. Des couples qui peinent à se marier pour des raisons matérielles. Les interdits n’ont jamais empêcher l’action, prévenir n’est pas encourager. Évoquer le tabou ou la religion ne protégera pas des déceptions, ou des maladies, alors ne vaut-il pas mieux en parler

Dossier : J’ai mal à ma sexualité docteur


Pour mieux comprendre la sexualité des Algériens, quoi de mieux qu’un spécialiste de la sexualité ? Même en Algérie, il en existe. Dr Youcef l’un des rares sexologues en Algérie. Son constat sur la sexualité dans le pays est affligeant. “La sexualité va très mal. La majorité des couples ont une sexualité classique et parfois archaïque et cela peut créer une souffrance dans les couples algériens”, déplore le médecin.


Les couples mariés algériens, d’après le docteur Youcef, se limitent à des relations classiques. Les rapports se passent souvent dans le noir, sans trop accorder de place aux préliminaires. “Les tabous qui règnent autour du thème de la sexualité en Algérie causent un manque de communication entre les couples”, relève le sexologue.
Ne pas exprimer ses désirs et ne pas écouter ceux de notre partenaire peut fortement nuire à votre couple.”La sexualité est un moyen pour les couples de communiquer, ils communiquent physiquement. Lorsque l’on est pas satisfait sexuellement, cela peut aussi être le signe que l’on ne va pas bien moralement” explique le sexologue.
Les Algériens ont-ils peur de leur sexualité ? Pas forcément, car les jeunes couples font de plus d’efforts pour avoir une vie sexuelle saine et sortir de la routine et du mécanisme.

Frigidité et impuissance 
D’autres couples moins chanceux, sont bloqués par leur méconnaissance du désir et du corps du partenaire. Les médecins s’accordent à dire que deux maux sont l’apanage de nombreux couples algériens : la frigidité et l’impuissance.
Dans le rapport amoureux, certaines femmes n’atteignent pas une jouissance sexuelle : elles sont frigides. Parfois leur frigidité est totale, autant caractérisée par l’absence de désir que par celle du plaisir. Manque d’aisance, peu d’écoute dans le couple, sont autant de facteurs qui vont causer cet état chez la femme. Pour les hommes, l’impuissance ou le dysfonctionnement érectile est une situation dans laquelle un homme n’est pas en mesure d’obtenir ou de maintenir une érection pendant un rapport sexuel.
Problème de mécanique pour certains, problème psychologique pour d’autres. Les Algériens se plaignent souvent de ne simplement pas éprouver de désir pour leur partenaire. Parfois parce qu’ils n’ont pas pu choisir leur époux(se) dans le cas des mariages arrangés, d’autres parce qu’ils n’accordent pas tant d’importance à l’écoute de l’autre dans la sexualité. Dans ce contexte, quelques femmes racontent leur nuit noce comme un événement traumatisant. Il est malheureux d’apprendre que, ne connaissant pas assez leur mari, certaines vivent même cette nuit comme un viol.
En Algérie, l’impuissance se traite tout d’abord chez l’urologue qui pourra diriger son patient vers un traitement médicamenteux ou alors une psychothérapie. Les femmes d’un autre côté, comme l’indique Dr.Ben Dhaou, psychologue, sont nombreuses à se confier au sujet de leur sexualité à leur gynécologue ou à leur psychologue.

Croyances populaires et méconnaissance de la sexualité
Les Algériens ne manquent toutefois pas d’imagination pour remédier à ces problèmes. Même si cela relève souvent plus de la croyance populaire, de nombreux couples donnent de l’importance à leur sexualité et tentent de trouver des solutions.
Un Algérien nous rappelle le phénomène de la Guernina, une préparation à base de plante que les hommes algériens utilisaient pour agrandir leur appareil sexuel. Une pratique connue dans toute l’Algérie.
Aujourd’hui encore on trouve des méthodes dites traditionnelles pour lutter contre l’impuissance ou ranimer le désir. Comme au marché Assihar de Tamanrasset, qui regorgerait de plantes et potions aphrodisiaques. Le Dr.Amel Ben Dhaou cite également le recours au Raki qui soigne les problèmes de couple avec la parole de Dieu.
Des méthodes ancestrales, qui prouvent que depuis toujours la sexualité détient une place primordiale dans un couple.

En savoir plus : 
Dr YOUCEF ELAID
Chirurgien Urologue- Andrologue –Sexologue
Angle /116, rue Larbi Ben M’hidi –Entrée impasse des pins – n°3- Miramar – Oran- Algérie
+213 (0) 41 41 28 41

Dr. Amel Ben Dhaou
Psychiatre, Thérapeute de couple et de famille
Cité des Asphodèles Bloc A8-Ben Aknoun- Alger
+213 021 91 55 01
Ameldoc@yahoo.fr

1 comment:

  1. La dysfonction érectile (impuissance, panne d’érection ou troubles érectiles) est une incapacité d’obtenir et/ou de maintenir une érection, Les causes de la dysfonction érectile sont multiples et ont pour origine des facteurs organiques (troubles cardiovasculaires par exemple) ou psychologiques (stress, anxiété), Actuellement sur le marché le Viagra Générique sans ordonnance est l'un des meilleurs médicaments ou molécules pour soigner les troubles érectiles.

    Le symptôme typique de la dysfonction érectile est comme son nom l’indique l’incapacité d’obtenir une érection. On observe aussi parfois des problèmes de durée de l’érection et donc une difficulté à maintenir l’érection pendant l’acte sexuel. On parle de dysfonction érectile si ces troubles perdurent pendant plus de 3 mois au moins.

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